L’hyménoptère introduit en 2004 a depuis colonisé quasi tout le territoire métropolitain

L’insecte a désormais colonisé quasi tout le territoire métropolitain. David Philippart, directeur de la Fédération régionale de défense contre les organismes nuisibles (Fredon) de Basse-Normandie, où le frelon asiatique est particulièrement virulent, fait le point sur cette invasion et sur ses conséquences.

Pourquoi le frelon asiatique est de plus en plus présent en France

Les frelons asiatiques ont a priori été introduits en France en 2004. Ils se trouvaient dans un conteneur de poteries importées de Chine par un horticulteur du Lot-et-Garonne, selon l’Inventaire national du patrimoine naturel. Ils se sont ensuite largement répandus. « Ils se développent très rapidement parce qu’ils n’ont pas de prédateur, explique David Philippart. Et le géoclimat qu’on leur propose en France leur va très bien. » Le réchauffement prolonge la période de prédation des frelons asiatiques, qui peut aller jusqu’à la fin de novembre.

Pourquoi le frelon asiatique est dangereux

Pour l’homme, le frelon asiatique est plus dangereux que son congénère européen en raison de la violence de son réflexe de défense. « Quand il attaque pour défendre son nid, ce sont tous les individus du nid qui attaquent. Cela peut aller jusqu’à plusieurs centaines ou milliers de frelons », prévient David Philippart. Le frelon européen, lui, attaque à quelques dizaines d’individus, ce qui suffit à éloigner le danger. De plus, la piqûre du frelon asiatique est plus profonde. Mais ces hyménoptères sont également dangereux pour la biodiversité. Leurs nids peuvent compter plusieurs milliers d’individus, ils s’attaquent donc à tous les insectes pour nourrir les nombreuses nymphes. « Ils pillent les ruches, précise le directeur du Fredon. Ils attendent devant et tuent les abeilles qui en sortent. Les dégâts sont de 30 % à 60 % de ruches en moins selon les endroits. »

Comment le reconnaître et s’en protéger

TO GO WITH AFP STORY BY CHRISTIAN PANVERT A photo shows a female Asian Hornet (Vespa Velutina) with its sting on September 30, 2014 at the Research Institute of Biology of the Insect (IRBI) in Tours, central France. The Asian Hornet, an invasive non-native species from Asia, is a highly effective predator of insects, including honey bees. French researchers at IRBI have been conducting research into whether native parasitic species, small flies known as Conops vesicularis, could have an impact on the health of Asian Hornet colonies, possibly leading to their decline in Europe. AFP PHOTO / GUILLAUME SOUVANT / AFP PHOTO / GUILLAUME SOUVANT

Le frelon asiatique est reconnaissable à sa couleur à dominante noire, avec le bout de l’abdomen orangé et les pattes jaunes, tandis que le frelon européen est jaune, rayé de noir, avec une tête jaune et des pattes brunes. Le frelon asiatique est un peu plus petit que l’européen.

Il ne présente aucun danger lorsqu’il est en prédation, loin de son nid, occupé à se nourrir, selon David Philippart. « Mais autour du nid, les frelons asiatiques sont extrêmement dangereux, il ne faut absolument pas s’en approcher. » Il est donc impératif de signaler un nid en mairie, afin qu’il soit détruit par un professionnel, équipé d’une combinaison spéciale.

Quant à s’en débarrasser pour de bon, « c’est impossible », affirme David Philippart. « Nous n’avons pas les outils suffisants. Il faudrait détruire 100 % des nids courant août, mais ils sont cachés en haut des arbres. Quand on les découvre à la chute des feuilles, les fondatrices, celles qui passent l’hiver, sont déjà parties. »

source: le monde